Olivier : œil de paon et autres maladies, traiter à la bouillie bordelaise

Olivier : œil de paon et autres maladies, traiter à la bouillie bordelaise

L’olivier a la réputation d’un arbre increvable. Il vit des siècles, supporte la sécheresse et se contente de peu. Pourtant, dans un jardin humide, une cour abritée ou un pot trop arrosé, il souffre de quelques maladies bien connues des oléiculteurs. La plus fréquente s’appelle l’œil de paon.

La bouillie bordelaise est le traitement de référence contre cette maladie, y compris en agriculture biologique. Elle sert aussi à protéger l’arbre après la taille ou la grêle contre la tuberculose. En revanche, elle ne règle pas la fumagine, ce dépôt noir lié aux cochenilles. Voici comment reconnaître chaque problème, quand traiter, à quelle dose, et comment s’en passer le plus possible.

L’essentiel en bref

  • Œil de paon : taches rondes sur le dessus des feuilles, puis chute des feuilles. Traitement préventif au cuivre avant les pluies d’automne et de sortie d’hiver.
  • Tuberculose (bactériose) : excroissances brunes sur les rameaux. Pas de traitement curatif ; taille des rameaux atteints, cuivre en prévention après taille, gel ou grêle.
  • Fumagine : noir de suie sur les feuilles. C’est la cochenille qu’il faut combattre, pas le champignon.
  • Dose : pour la Bouillie Bordelaise 20 Micro Jardin, l’ANSES prévoit 4 à 5 g pour 10 m² et un délai de 14 jours avant récolte. Respectez toujours l’étiquette de votre produit.

Les maladies de l’olivier en un coup d’œil

Problème Symptômes Cause Bouillie bordelaise ?
Œil de paon Taches circulaires de 2 à 10 mm sur le dessus des feuilles, chute des feuilles Champignon Venturia oleaginea Oui, en prévention
Tuberculose ou bactériose Excroissances brunes (galles) sur rameaux, charpentières, tronc Bactérie Pseudomonas savastanoi Oui, en prévention seulement, efficacité limitée
Anthracnose Pourriture des olives, dessèchement de rameaux Champignon Colletotrichum Oui, efficacité reconnue par l’ANSES
Fumagine Dépôt noir comme de la suie, qui s’essuie Champignons qui vivent sur le miellat de la cochenille noire Non : il faut lutter contre la cochenille
Cochenilles Petits boucliers sur les rameaux et les feuilles Insectes Non

L’œil de paon de l’olivier

Un champignon aux plusieurs noms

L’œil de paon est dû à un champignon que France Olive (l’interprofession de l’olive, ex-AFIDOL) désigne aujourd’hui sous le nom de Venturia oleaginea. Vous le trouverez aussi sous ses anciens noms : Spilocaea oleagina, Fusicladium oleagineum ou Cycloconium oleaginum. On l’appelle également cycloconium.

Les symptômes

Le nom vient de l’aspect des taches. Selon la fiche technique de l’AFIDOL, ce sont des taches circulaires de 2 à 10 mm sur la face supérieure des feuilles, de couleur brun noirâtre à jaune orangé. Leur aspect cerclé rappelle les ocelles d’une plume de paon, d’où le nom.

Plus rarement, le champignon dessèche le pédoncule des olives, qui se rident et tombent.

Quand la maladie n’est pas maîtrisée, les feuilles tachées tombent. L’arbre s’affaiblit, la photosynthèse baisse, la nouaison est faible et la récolte diminue. Un olivier très touché se dégarnit par le bas et par l’intérieur, là où l’humidité reste le plus longtemps.

Le cycle de la maladie

Le cycle suit quatre étapes, décrites par l’AFIDOL :

  1. Dispersion. Les spores partent des feuilles déjà tachées, portées par les éclaboussures de pluie. Le vent joue un rôle secondaire : France Olive relève que les spores retombent pour l’essentiel sous l’arbre et deviennent rares au-delà de quelques mètres.
  2. Infection. La spore germe sur une feuille mouillée et pénètre sous la cuticule. Il faut de l’eau liquide sur la feuille pendant plusieurs heures : 6 heures à 16 °C selon l’AFIDOL, au moins 12 heures de film d’eau selon les travaux repris par France Olive en 2025.
  3. Incubation. Le champignon se développe dans la feuille sans rien montrer. À 16 °C, les taches apparaissent en environ deux semaines. Par temps froid ou chaud, cette période peut dépasser trois mois.
  4. Fructification. Les taches produisent de nouvelles spores, et le cycle recommence à la pluie suivante.

Les conditions favorables

Le champignon est actif entre 8 et 24 °C environ, avec un optimum vers 16 °C (AFIDOL). Il a besoin d’humidité : pluie, rosée, brouillard. D’où deux périodes à risque :

  • la sortie d’hiver et le printemps ;
  • l’automne, avec le retour des pluies.

L’été chaud et sec freine la maladie. C’est pour cela qu’on voit souvent les taches au printemps, sur des feuilles contaminées des semaines plus tôt.

Certains lieux sont plus exposés : jardin en bas-fond, abrité du vent, proche d’un cours d’eau, arbres trop serrés, feuillage dense jamais taillé. Un excès d’azote augmente aussi la sévérité, selon France Olive.

Les variétés sensibles

Toutes les variétés ne réagissent pas de la même façon. L’AFIDOL cite comme sensibles Grossane, Aglandau, Tanche, Cailletier, Lucques et Petit Ribier. France Olive classe Leccino et Koroneiki parmi les moins sensibles. Si vous plantez dans un jardin humide, posez la question au pépiniériste.

Repérer la maladie avant les taches

Les jeunes contaminations restent invisibles pendant l’incubation. Les techniciens les révèlent en trempant un échantillon de feuilles 20 minutes dans une solution de soude à 5 % : les taches cachées apparaissent. La soude est caustique ; ce test est surtout pratiqué par les professionnels. Au jardin, l’observation régulière des feuilles au printemps et à l’automne suffit. L’AFIDOL retient un seuil d’intervention de 10 % de feuilles atteintes en verger.

La tuberculose de l’olivier (Pseudomonas savastanoi)

Les symptômes

La tuberculose, que l’AFIDOL appelle bactériose de l’olivier, est due à la bactérie Pseudomonas savastanoi. Elle forme des excroissances brunes, les « chancres » ou « galles », d’abord sur les rameaux, puis sur les charpentières et le tronc dans les cas graves. L’arbre perd en vigueur et produit moins. La qualité des olives et de l’huile peut aussi en souffrir.

Comment l’arbre est contaminé

La bactérie entre par les tissus non cicatrisés :

  • plaies de taille ;
  • plaies de grêle et de gel ;
  • blessures de récolte (gaulage, peignes) ;
  • cicatrices laissées par la chute des feuilles, des fleurs ou des fruits.

Elle voyage avec la pluie et avec les outils. Les contaminations ont lieu de l’automne à la fin du printemps. L’AFIDOL note qu’une grêle ou un gel précède souvent l’apparition ou la recrudescence de la maladie, et qu’un excès d’azote renforce sa virulence.

Que faire contre la tuberculose ?

Il n’existe aucun traitement curatif. Le cuivre ne pénètre pas dans l’arbre : il ne soigne pas une galle installée. La lutte combine plusieurs gestes, recommandés par l’AFIDOL :

  • Coupez les rameaux galleux et évacuez-les (déchetterie, ou compost qui chauffe bien).
  • Taillez les arbres malades en dernier, de préférence en été, par temps chaud et sec.
  • Ne taillez jamais un arbre sain par temps humide ou quand la pluie est annoncée.
  • Désinfectez les outils entre chaque arbre, par trempage dans de l’eau de Javel à 10 %.
  • Appliquez un mastic cicatrisant sur les grosses coupes.
  • Récoltez sans brutalité : pas de gaule ni d’outil qui blesse les rameaux.
  • Fertilisez sans excès d’azote.

Le cuivre vient en complément : l’AFIDOL précise que les produits autorisés ont une efficacité limitée et seulement préventive. Ils protègent les plaies fraîches. Si votre olivier ou un voisin est atteint, renforcez la protection après la taille, la récolte, un gel ou une grêle. L’usage « bactériose(s) » sur olivier figure bien dans les autorisations ANSES des bouillies bordelaises jardin.

Le laurier rose souffre d’une maladie cousine, due à une autre forme de la même bactérie. Si vous en avez au jardin, voyez notre guide des maladies du laurier rose.

L’anthracnose des olives

L’ANSES mentionne une efficacité démontrée de la bouillie bordelaise sur l’anthracnose de l’olivier, due notamment à Colletotrichum gloeosporioides. Cette maladie fait pourrir les olives à l’approche de la maturité, surtout lors des automnes pluvieux et doux. Si votre olivier en a souffert, la protection d’automne est la plus utile. Ramassez et éliminez les olives pourries, qui portent les spores.

La fumagine de l’olivier : le cuivre ne règle pas la cause

La fumagine, ou « noir de l’olivier », recouvre feuilles et rameaux d’un dépôt noir comme de la suie. Selon l’AFIDOL, ce n’est pas une maladie au sens strict : les champignons en cause (des genres Capnodium et Limacinula) n’infectent pas l’olivier. Ils se développent sur le miellat sucré rejeté par la cochenille noire de l’olivier (Saissetia oleae).

Le dépôt n’est pas anodin : il limite la photosynthèse, réduit la croissance et la production, et peut provoquer une chute des feuilles dans les cas sévères.

Aucun produit n’est homologué contre la fumagine. L’AFIDOL note que les traitements au cuivre contre l’œil de paon ont une « légère efficacité » sur le dépôt, mais ils n’agissent pas sur la cochenille, qui continue de produire du miellat. Pulvériser de la bouillie bordelaise sur un olivier noir ne sert donc pas à grand-chose.

La bonne méthode :

  1. Réduisez les cochenilles. Taillez les rameaux les plus colonisés. Sur un petit arbre, retirez les cochenilles à la brosse.
  2. Aérez la frondaison. La cochenille noire profite des arbres non taillés, des feuillages serrés, des hivers doux et des étés humides.
  3. Préservez les auxiliaires (coccinelles, chrysopes, petites guêpes parasites) en évitant les insecticides à large spectre.
  4. En cas de forte infestation, les huiles de paraffine, produits de biocontrôle, agissent par asphyxie sur les stades hivernants et les jeunes larves, selon le bulletin de santé du végétal oléicole de la DRAAF PACA.

À noter : les cochenilles « à bouclier » (diaspines), autres ravageurs de l’olivier, ne produisent pas de miellat. Elles ne causent donc pas de fumagine, mais affaiblissent l’arbre.

Quand traiter l’olivier à la bouillie bordelaise ?

La bouillie bordelaise est un fongicide préventif. Elle doit être sur la feuille avant la pluie qui contamine. Traiter après l’apparition des taches ne guérit pas les feuilles atteintes ; cela protège seulement les feuilles encore saines.

Le calendrier

Période Objectif Remarque
Fin d’été, avant les premières pluies Réduire les spores avant la saison à risque Un traitement précoce réduit l’inoculum (France Olive)
Automne Œil de paon, anthracnose des olives Respectez le délai avant récolte si les olives sont encore sur l’arbre
Après la récolte Protéger les blessures de récolte (tuberculose) Surtout si l’arbre ou un voisin a des galles
Fin d’hiver, après la taille Protéger les plaies de taille, œil de paon de sortie d’hiver Taillez par temps sec
Printemps Œil de paon sur les jeunes feuilles, les plus sensibles Avant les pluies
Après un gel ou une grêle Tuberculose Dans les jours qui suivent, par temps sec

Selon France Olive et l’AFIDOL, les contaminations d’œil de paon se concentrent au printemps et à l’automne. En verger, les professionnels font 2 à 3 traitements par an sur les variétés résistantes, 4 à 5 sur les variétés sensibles. Au jardin, deux passages bien placés (automne et fin d’hiver) peuvent suffire sur un arbre isolé et bien aéré, peu touché les années précédentes.

Pour le calendrier général des traitements, voyez notre page quand mettre de la bouillie bordelaise, notre guide de la période de traitement des fruitiers et le calendrier de traitement des arbres fruitiers en PDF.

La pluie et le renouvellement

Le cuivre est lessivé par la pluie. D’après l’AFIDOL, la moitié du cuivre est entraînée après 20 mm de pluie. Il faut renouveler le traitement à partir de 40 mm cumulés (60 mm si la bouillie contient un mouillant). Un pluviomètre au jardin vous aide à décider. Respectez quand même l’intervalle minimal et le nombre maximal d’applications de votre étiquette.

Quel dosage de bouillie bordelaise pour l’olivier ?

Notre page quel dosage de bouillie bordelaise faire s’appuie sur la décision de l’ANSES du 15 juillet 2025 pour la Bouillie Bordelaise 20 Micro Jardin (AMM n° 2250161), un produit autorisé pour les jardins. Pour l’olivier, elle prévoit :

  • 4 à 5 g pour 10 m² ;
  • 4 à 5 applications par an au maximum : 5 applications à la dose de 4 g pour 10 m², 4 applications à la dose de 5 g pour 10 m² ;
  • 7 jours au moins entre deux passages ;
  • un délai avant récolte de 14 jours ;
  • trois usages autorisés : bactérioses, maladies des fruits et maladies du feuillage, avec une efficacité montrée sur l’anthracnose.

Le volume d’eau à utiliser figure sur l’étiquette. Les bouillies bordelaises jardin MACC 80 et NC 20 K, réautorisées le même jour, reprennent pour l’olivier des doses du même ordre (0,4 à 0,5 g/m²) et, pour la plupart des usages, le même délai de 14 jours.

L’œil de paon n’est pas cité par son nom dans ces décisions : c’est une maladie du feuillage, et c’est sous cet usage qu’il se range. Lisez l’étiquette de votre produit, et respectez toujours la dose indiquée sur l’étiquette de votre produit. Les autres marques peuvent donner une dose différente, au litre plutôt qu’à la surface.

Bien pulvériser un olivier

L’AFIDOL insiste sur une pulvérisation fine et régulière, y compris à l’intérieur de l’arbre et sur les rameaux bas, là où le feuillage reste humide le plus longtemps. Mouillez le dessus et le dessous des feuilles, sans faire ruisseler.

  • Choisissez un temps sec, sans vent, sans pluie annoncée dans les heures qui suivent.
  • Évitez les heures chaudes et le plein soleil.
  • Portez gants, lunettes et vêtements couvrants.
  • Ne préparez que le volume nécessaire, et ne videz jamais le reste à l’évier ou dans un fossé.

Le pas à pas complet est dans notre mode d’emploi de la bouillie bordelaise.

Le produit et le matériel

Pour un ou plusieurs oliviers en pleine terre, une bouillie en poudre reste la solution la plus économique. La Bouillie bordelaise Capiscol 800 g se dilue dans l’eau. Vérifiez sur le paquet que l’olivier figure parmi les usages et notez le délai avant récolte indiqué.

Si vous ne voulez pas manipuler de poudre, la Bouillie bordelaise Solabiol en sachets hydrosolubles (4 x 200 g) se jette directement dans le pulvérisateur : pas de pesée, pas de nuage de poudre. Contrôlez là aussi que l’olivier est cité sur l’étiquette.

Un olivier adulte demande un bon volume de bouillie et une lance qui monte haut. Le pulvérisateur à dos Pulmic 16 L évite les allers-retours et permet d’atteindre l’intérieur de la frondaison. Pour comparer d’autres modèles, voyez notre sélection de pulvérisateurs pour bouillie bordelaise.

Récolte des olives : le délai à respecter

Le délai avant récolte (DAR) est le temps minimal entre le dernier traitement et la cueillette. Pour la Bouillie Bordelaise 20 Micro Jardin, il est de 14 jours sur l’olivier. Les autres produits ont leur propre délai, inscrit sur l’étiquette.

En pratique :

  • planifiez le traitement d’automne au moins 14 jours avant la récolte prévue, ou faites-le après la récolte ;
  • si vous avez perdu l’étiquette, appliquez par prudence le délai le plus long ;
  • lavez les olives avant de les préparer, comme tout fruit traité ;
  • notez la date de chaque traitement : c’est le seul moyen de savoir où vous en êtes.

L’olivier en pot

En pot, l’olivier est plus exposé à certains problèmes qu’en pleine terre :

  • L’arrosage. Un terreau détrempé et une soucoupe pleine asphyxient les racines : feuilles qui jaunissent et tombent. Arrosez quand le terreau a séché en surface, et videz la soucoupe.
  • L’emplacement. Un pot collé contre un mur, dans un angle humide ou sous un auvent qui empêche le feuillage de sécher favorise l’œil de paon. Placez-le au soleil, là où l’air circule.
  • L’hivernage. Dans un local fermé, peu lumineux et humide, la cochenille et la fumagine prospèrent. Inspectez les rameaux avant de rentrer le pot et à sa sortie.
  • Le traitement. Sortez toujours le pot pour le traiter, à l’abri du vent. Ne traitez jamais dans une véranda ou dans la maison, et laissez sécher avant de rentrer l’arbre.
  • La surface. La dose se calcule à la surface : un petit olivier en pot ne représente qu’un ou deux mètres carrés de feuillage. Préparez très peu de bouillie, ou utilisez un sachet hydrosoluble adapté au volume du pulvérisateur.

Prévention et alternatives : tailler pour aérer

Le cuivre n’est pas anodin. Il s’accumule dans le sol et il est toxique pour la vie aquatique. La réglementation européenne limite son emploi à 28 kg de cuivre par hectare sur 7 ans, soit 4 kg/ha/an en moyenne (règlement d’exécution UE 2018/1981, en vigueur depuis février 2019). Notre page sur les dangers de la bouillie bordelaise pour la nature détaille ces effets. Moins vous en avez besoin, mieux c’est.

La taille d’aération

C’est la première protection contre l’œil de paon. L’AFIDOL recommande une taille annuelle pour aérer la frondaison et favoriser le séchage du feuillage, et une taille plus sévère sur les arbres très touchés. France Olive rappelle qu’un séchage rapide des feuilles réduit fortement le nombre de contaminations : 24 heures de séchage après une contamination divisent par 10 le nombre de taches.

Concrètement :

  • ouvrez le centre de l’arbre pour que la lumière et l’air y entrent ;
  • supprimez les rameaux qui se croisent, les gourmands et les branches basses qui traînent dans l’herbe ;
  • taillez par temps sec, avec des outils propres, désinfectés entre chaque arbre ;
  • protégez ensuite les plaies par un passage de cuivre si la tuberculose est présente dans le secteur.

Les bons gestes au jardin

  • N’arrosez pas le feuillage. L’AFIDOL déconseille l’aspersion qui mouille les feuilles. Arrosez au pied.
  • Modérez l’azote. Il augmente la sensibilité à l’œil de paon, à la tuberculose et à la cochenille.
  • Tondez l’herbe sous l’arbre pour limiter l’humidité.
  • Choisissez une variété peu sensible si votre jardin est humide.
  • Ne surestimez pas le ramassage des feuilles. France Olive indique que les feuilles tombées au sol jouent un rôle faible : les spores qu’elles portent perdent vite leur viabilité. La source principale reste les feuilles tachées encore sur l’arbre.

Les alternatives au cuivre

En agriculture biologique, seuls les produits à base de cuivre sont homologués contre l’œil de paon, selon l’AFIDOL. Au jardin, la prévention par la taille et l’emplacement reste donc la vraie alternative. Le purin de prêle et les autres préparations naturelles peuvent renforcer le feuillage, sans remplacer un traitement en cas de forte pression. Notre page sur les alternatives à la bouillie bordelaise les présente.

Que faire si…

Votre olivier perd beaucoup de feuilles au printemps ? Regardez les feuilles tombées : si elles portent des taches rondes, c’est l’œil de paon contracté l’automne ou l’hiver précédent. Taillez pour aérer et prévoyez un traitement avant les pluies d’automne.

Vous découvrez des galles sur quelques rameaux ? Coupez-les par temps sec, désinfectez l’outil, évacuez le bois. Un passage de cuivre sur les plaies est utile en prévention.

L’olivier est noir et collant ? C’est de la fumagine. Cherchez les cochenilles noires sur les rameaux et au revers des feuilles, et attaquez-vous à elles.

Une grêle vient de frapper ? Attendez un temps sec, coupez les rameaux cassés et appliquez un traitement au cuivre si l’étiquette le permet et si le délai avant récolte est compatible.

Questions fréquentes sur l’olivier et la bouillie bordelaise

Quand traiter l’olivier à la bouillie bordelaise ?

En prévention, avant les pluies : à l’automne (avant ou après la récolte, selon le délai avant récolte) et à la fin de l’hiver ou au printemps. Ajoutez un passage après la taille, un gel ou une grêle si la tuberculose est présente.

Quel dosage de bouillie bordelaise pour un olivier ?

Pour la Bouillie Bordelaise 20 Micro Jardin, l’ANSES prévoit 4 à 5 g pour 10 m², avec 4 à 5 applications par an au maximum. Le volume d’eau figure sur l’étiquette. Pour un autre produit, respectez toujours la dose de son étiquette. Toutes les doses sont sur notre page dosage.

Comment reconnaître l’œil de paon ?

Des taches rondes de 2 à 10 mm apparaissent sur le dessus des feuilles, brun noirâtre à jaune orangé, souvent cerclées comme l’ocelle d’une plume de paon. Les feuilles touchées jaunissent et tombent. L’arbre se dégarnit d’abord par le bas et par l’intérieur.

La bouillie bordelaise guérit-elle l’œil de paon ?

Non. Elle protège les feuilles saines en empêchant les spores de germer. Les feuilles déjà tachées tombent de toute façon. C’est pourquoi le traitement se place avant les pluies contaminatrices.

Combien de temps entre le traitement et la récolte des olives ?

14 jours pour la Bouillie Bordelaise 20 Micro Jardin. Les autres produits indiquent leur propre délai sur l’étiquette. Dans le doute, traitez après la récolte.

La bouillie bordelaise soigne-t-elle la tuberculose de l’olivier ?

Non, aucun produit ne la guérit. Le cuivre protège seulement les plaies fraîches en prévention, avec une efficacité limitée. La lutte repose sur la coupe des rameaux galleux et la désinfection des outils.

Faut-il traiter la fumagine à la bouillie bordelaise ?

Non. La fumagine vit sur le miellat de la cochenille noire. Il faut réduire la cochenille par la taille, les auxiliaires ou une huile de paraffine. Une fois le miellat disparu, le noir s’efface peu à peu.

Peut-on traiter un olivier en pot ?

Oui, avec la même dose rapportée à sa petite surface de feuillage. Sortez le pot, traitez par temps sec et laissez sécher dehors. En pot, corrigez d’abord l’arrosage et l’emplacement, souvent à l’origine des problèmes.

Combien de traitements par an sur un olivier ?

Au maximum 4 à 5 pour la Bouillie Bordelaise 20 Micro Jardin selon la dose choisie, avec au moins 7 jours d’écart. Au jardin, sur un arbre bien aéré, deux à trois passages bien placés peuvent suffire. Moins de cuivre, c’est aussi moins d’accumulation dans le sol.

Quelles variétés d’olivier sont sensibles à l’œil de paon ?

L’AFIDOL cite Grossane, Aglandau, Tanche, Cailletier, Lucques et Petit Ribier parmi les sensibles. Leccino et Koroneiki sont classées peu sensibles par France Olive. La sensibilité varie aussi avec le climat du jardin.

Sources : – ANSES, décision « Bouillie Bordelaise 20 Micro Jardin » (AMM n° 2250161), 15 juillet 2025 : https://www.anses.fr/system/files/phyto/decisions/BOUILLIEBO_PMOI_2020-3144_D.pdf ; décisions MACC 80 Jardins (AMM n° 9500302) https://www.anses.fr/system/files/phyto/decisions/BOUILLIEBO_PMEM_2020-1347_D.pdf et NC 20 K Jardin (AMM n° 2189993) https://www.anses.fr/system/files/phyto/decisions/BOUILLIEBO_PMEM_2020-1680_D.pdf – AFIDOL / Centre technique de l’olivier, fiche technique « Œil de paon » : https://afidol.org/wp-content/uploads/2018/07/FT-Oeil-de-paon.pdf – AFIDOL, Le Nouvel Olivier n° 119, « Gestion de l’œil de paon en oliveraie biologique » : https://afidol.org/wp-content/uploads/2020/11/Nouvel_olivier_numero_119_Technique_gestion_oeil_paon_oliveraie_biologique-.pdf – France Olive, Le Nouvel Olivier, rubrique technique « Œil de paon », partie 1 (2025) : https://franceolive.fr/wp-content/uploads/2025/06/Article-le-nouvel-olivier-rubrique-technique-oeil-de-paon-partie-1.pdf – France Olive / AFIDOL, fiche technique « Bactériose de l’olivier » (2019) : https://afidol.org/wp-content/uploads/2019/12/Fiche_technique_france_olive_bacteriose_olivier.pdf – AFIDOL, fiche technique « Fumagine » : https://afidol.org/wp-content/uploads/2015/11/FTFumagine.pdf – DRAAF PACA, Bulletin de santé du végétal Olivier n° 1 du 31 janvier 2025 (cochenilles) : https://draaf.paca.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/bsv_olivier_20250131_n1_special_cochenilles.pdf – Règlement d’exécution (UE) 2018/1981 (cuivre, 28 kg/ha sur 7 ans)

Écrit par :

Michel

Michel est botaniste, installé à Agen (Lot-et-Garonne), et passionné par les plantes et leur santé au jardin. Il rédige les guides du site avec une règle simple : bien identifier la plante et la maladie avant de parler de traitement.

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