Maladies du laurier rose : les reconnaître et les traiter (bouillie bordelaise)

Maladies du laurier rose : les reconnaître et les traiter (bouillie bordelaise)

Le laurier rose (Nerium oleander) est un arbuste solide. Il supporte la chaleur, la sécheresse et les sols pauvres. Quand il va mal, la cause est souvent simple : un hiver trop froid, un pot trop arrosé, une colonie de cochenilles. Mais il existe aussi une vraie maladie bactérienne, le chancre du laurier rose, et quelques champignons qui tachent les feuilles.

Avant de sortir le pulvérisateur, il faut donc poser le bon diagnostic. La bouillie bordelaise rend service contre certains champignons, mais elle ne fait rien contre les insectes, ni contre un excès d’eau. Ce guide vous aide à faire le tri, puis à traiter au bon moment, à la bonne dose.

L’essentiel en bref

  • Feuilles jaunes : le plus souvent arrosage, froid, carence ou renouvellement normal des vieilles feuilles.
  • Taches noires qui partent au doigt : fumagine, liée aux pucerons ou aux cochenilles.
  • Excroissances sur les tiges, boutons déformés : chancre bactérien (Pseudomonas savastanoi pv. nerii).
  • La bouillie bordelaise agit en prévention contre les taches foliaires dues aux champignons. Elle n’a aucun effet sur les insectes.
  • Le laurier rose est toxique : portez des gants pour le tailler.

Tableau des problèmes courants du laurier rose

Voici les problèmes que l’on rencontre le plus souvent sur un laurier rose de jardin ou de terrasse. Ils figurent dans la liste des problèmes du laurier rose tenue par le programme de lutte intégrée de l’université de Californie (UC IPM), qui distingue maladies, insectes et troubles non parasitaires.

Problème Symptômes Cause Solution
Chancre bactérien (bactériose du laurier rose) Excroissances bosselées sur tiges et écorce, galles sur boutons et feuilles, rameaux qui sèchent Bactérie Pseudomonas savastanoi pv. nerii, entrée par les plaies Couper les parties atteintes par temps sec, désinfecter les outils, éviter de mouiller le feuillage
Taches foliaires fongiques Taches brunes à noires sur les feuilles, parfois auréolées, chute de feuilles Champignons favorisés par l’humidité Retirer les feuilles touchées, aérer, bouillie bordelaise en prévention
Fumagine Dépôt noir comme de la suie, qui s’essuie Champignons qui poussent sur le miellat des pucerons et cochenilles Lutter contre les insectes, nettoyer les feuilles
Pucerons Colonies sur les pousses et boutons, feuilles collantes Insectes piqueurs-suceurs Jet d’eau, auxiliaires (coccinelles, chrysopes)
Cochenilles Petits boucliers ou amas cotonneux sur tiges et revers des feuilles Insectes fixés Brossage, coton imbibé d’alcool, produit insecticide autorisé
Dégâts de gel Feuilles brunies ou noircies d’un coup après une nuit froide, écorce fendue Froid Attendre le printemps, puis rabattre le bois mort
Excès d’eau Feuilles qui jaunissent puis tombent, terre détrempée Racines asphyxiées, surtout en pot Espacer les arrosages, vider la soucoupe, drainer
Manque d’eau Feuilles qui pendent et sèchent, boutons qui tombent Sécheresse prolongée en pot Arrosage copieux, puis régulier en été
Carence Feuilles jaunes aux nervures vertes, croissance faible Sol pauvre ou terreau épuisé Engrais pour plantes fleuries, rempotage

Ce tableau montre une chose : sur neuf problèmes, un seul relève vraiment de la bouillie bordelaise, celui des taches foliaires dues aux champignons. Pour le chancre bactérien, son intérêt est limité, nous y revenons plus bas.

Laurier rose aux feuilles jaunes : quelles causes ?

Les feuilles jaunes sont la première inquiétude des propriétaires de laurier rose. Dans la grande majorité des cas, ce n’est pas une maladie.

Le renouvellement normal du feuillage

Le laurier rose garde ses feuilles l’hiver, mais il ne les garde pas indéfiniment. Les plus vieilles feuilles, en bas des tiges, jaunissent puis tombent. Si quelques feuilles basses jaunissent et que les pousses du haut restent bien vertes, tout va bien.

Un arrosage mal dosé

En pot, l’excès d’eau est la cause la plus fréquente. Une soucoupe pleine en permanence ou un terreau qui ne sèche jamais asphyxie les racines. Les feuilles jaunissent, puis tombent, souvent par paquets. Laissez sécher le dessus du terreau entre deux arrosages et videz la soucoupe après chaque arrosage.

À l’inverse, un laurier en pot oublié en plein été réagit par des feuilles molles qui sèchent sur les bords et des boutons qui tombent avant d’ouvrir.

Le froid et l’hivernage

Après un coup de froid, les feuilles peuvent jaunir, brunir ou noircir. En hivernage dans un local trop sombre, le laurier perd aussi une partie de ses feuilles. Ce n’est pas grave tant que les tiges restent vertes sous l’écorce : grattez légèrement avec l’ongle pour le vérifier.

Une carence nutritive

Un laurier qui reste des années dans le même terreau finit par manquer d’éléments nutritifs. Les jeunes feuilles jaunissent entre les nervures, qui restent vertes, et la floraison faiblit. Un engrais pour plantes fleuries au printemps et en été, et un rempotage tous les quelques années, règlent le problème.

La bouillie bordelaise ne soigne aucune de ces causes. Sur des feuilles jaunes sans taches, elle n’a aucun intérêt.

Laurier rose aux taches noires : comment faire la différence ?

Des taches noires peuvent avoir trois origines très différentes. Un test simple permet souvent de trancher.

  1. Frottez la tache avec un doigt humide. Si le noir s’enlève et laisse une feuille verte en dessous, c’est de la fumagine. Cherchez les pucerons ou les cochenilles sur les tiges et au revers des feuilles.
  2. La tache fait partie de la feuille et ne s’enlève pas, elle est ronde ou irrégulière, parfois entourée d’un halo plus clair : c’est probablement une tache foliaire due à un champignon.
  3. Les tiges portent des bosses, les boutons floraux sont déformés, des zones brunes se creusent : pensez au chancre bactérien.
  4. Tout le feuillage exposé a noirci d’un coup après une nuit froide : ce sont des dégâts de gel.

Le chancre bactérien du laurier rose (Pseudomonas savastanoi pv. nerii)

C’est la maladie la plus spécifique du laurier rose. L’Organisation européenne et méditerranéenne pour la protection des plantes (OEPP) l’enregistre sous les noms de « chancre bactérien du laurier-rose » et « bactériose du laurier-rose ». La bactérie est une proche parente de celle qui cause la tuberculose de l’olivier (Pseudomonas savastanoi pv. savastanoi), mais il s’agit d’une forme distincte, adaptée au laurier rose.

Les symptômes

Selon UC IPM, la bactérie provoque des excroissances déformées, gonflées, en forme de nodules sur les tiges et l’écorce. Des galles peuvent aussi apparaître sur les boutons floraux et sur les feuilles. Les parties atteintes dépérissent souvent. En revanche, la santé générale de l’arbuste est rarement menacée : on perd des rameaux et de la floraison, rarement la plante entière.

Comment la bactérie se propage

La bactérie survit dans l’écorce fendue et rugueuse. Elle se multiplie et se propage par temps humide, en hiver et au début du printemps. Elle voyage avec :

  • les éclaboussures de pluie ;
  • l’arrosage par aspersion, qui mouille le feuillage ;
  • les mains et les outils de taille contaminés.

Elle entre dans la plante par les plaies fraîches : coupes de taille, crevasses dues au gel. Une grêle, qui blesse feuilles et rameaux, ouvre aussi des portes d’entrée.

Ce qu’il faut faire

UC IPM recommande :

  • d’acheter des plants sains. Un laurier acheté en saison humide peut être infecté sans montrer encore de galles. Inspectez les tiges, et surveillez les premiers mois ;
  • de couper les parties galleuses uniquement par temps sec, quand la bactérie est peu active. Coupez quelques centimètres sous la zone atteinte ;
  • de désinfecter les lames dans une solution d’eau de Javel à 10 à 20 % avant chaque coupe, surtout si vous taillez en période humide ;
  • d’évacuer les déchets loin des autres lauriers roses (et des oliviers). Ne les laissez pas au pied de l’arbuste ;
  • d’éviter l’arrosage qui mouille le feuillage. Arrosez au pied.

Il n’existe pas de traitement qui guérisse une tige déjà galleuse. La coupe reste la seule solution sur les parties atteintes.

Et la bouillie bordelaise contre le chancre ?

Le cuivre a une action préventive sur certaines bactéries. Sur l’olivier, l’interprofession (AFIDOL / France Olive) conseille d’ailleurs des passages au cuivre après la taille, la récolte, le gel ou la grêle contre la tuberculose. Mais elle précise que l’efficacité reste limitée et seulement préventive : le cuivre ne pénètre pas dans la plante.

Pour le laurier rose, regardez bien votre étiquette. Les autorisations des bouillies bordelaises « jardin » renouvelées par l’ANSES en juillet 2025 (Micro Jardin, MACC 80 Jardins, NC 20 K Jardin) prévoient, sur les arbres et arbustes d’ornement, trois usages : anthracnose, maladies des taches foliaires et moniliose. Les bactérioses des arbustes d’ornement n’y figurent pas. Sur ces produits, la bouillie bordelaise n’est donc pas autorisée pour traiter le chancre du laurier rose. La protection repose sur la taille et l’hygiène.

Les taches foliaires dues aux champignons

Plusieurs champignons peuvent tacher les feuilles du laurier rose, surtout quand le feuillage reste mouillé longtemps : printemps pluvieux, arrosage par-dessus, massif trop serré, hivernage dans un local humide.

Les taches sont brunes à noires, rondes ou irrégulières. Elles grossissent, se rejoignent parfois, et la feuille finit par jaunir et tomber. Les attaques restent en général limitées et esthétiques, mais un laurier très touché perd beaucoup de feuilles et fleurit moins.

C’est ici que la bouillie bordelaise a sa place. L’usage « maladies des taches foliaires » sur arbres et arbustes d’ornement est autorisé sur les bouillies bordelaises jardin citées plus haut. Le cuivre forme un film protecteur sur la feuille et empêche les spores de germer. Il ne guérit pas les taches déjà là : il protège les feuilles saines et les nouvelles pousses.

Avant de traiter, faites le ménage : ramassez les feuilles tachées au sol, coupez les plus atteintes sur l’arbuste, et éclaircissez le centre pour que l’air circule.

La fumagine, les cochenilles et les pucerons

La fumagine est un dépôt noir, comme de la suie, qui recouvre feuilles et tiges. Sur l’olivier, l’AFIDOL la décrit comme un ensemble de champignons qui ne parasitent pas la plante : ils se nourrissent du miellat, ce liquide sucré rejeté par les insectes piqueurs. Le mécanisme est le même sur le laurier rose. Le dépôt gêne la photosynthèse et affaiblit l’arbuste.

Sur le laurier rose, le miellat vient surtout :

  • des pucerons, qui forment des colonies sur les jeunes pousses et les boutons. Le bulletin de santé du végétal des zones non agricoles de Provence-Alpes-Côte d’Azur (DRAAF PACA, 2020) en signale plusieurs espèces sur laurier rose, avec des attaques faibles à modérées. Il rappelle qu’une larve de chrysope peut consommer jusqu’à 400 pucerons ;
  • des cochenilles (cochenille noire, cochenilles farineuses et autres), fixées sur les tiges et au revers des feuilles. Elles prolifèrent surtout sur les lauriers en pot hivernés à l’abri.

La bouillie bordelaise ne traite pas les insectes

C’est l’erreur la plus courante. Le cuivre n’a aucun effet sur les cochenilles ni sur les pucerons. Pulvériser de la bouillie bordelaise sur un laurier couvert de fumagine ne règle rien : tant que les insectes produisent du miellat, le noir revient.

La bonne méthode :

  1. Éliminez les insectes. Un jet d’eau fait tomber les pucerons. Les cochenilles se retirent à la brosse douce ou avec un coton imbibé d’alcool. En cas de forte infestation, utilisez un insecticide de biocontrôle autorisé sur plantes d’ornement (huile de paraffine, savon insecticide), selon son étiquette.
  2. Laissez travailler les auxiliaires. Coccinelles, chrysopes et syrphes régulent les pucerons. Évitez les insecticides à large spectre qui les tuent aussi.
  3. Nettoyez la fumagine. Une fois les insectes partis, lavez les feuilles à l’eau tiède légèrement savonneuse, à l’éponge. Le reste partira avec la pluie.

Ce que la bouillie bordelaise peut faire, et ce qu’elle ne fait pas

La bouillie bordelaise… Sur le laurier rose
protège contre les taches foliaires fongiques oui, en prévention, si l’étiquette prévoit l’usage sur arbustes d’ornement
guérit des feuilles déjà tachées non
soigne le chancre bactérien non : pas d’usage bactériose sur arbustes d’ornement dans les autorisations jardin de 2025
tue les cochenilles ou les pucerons non
enlève la fumagine non
corrige des feuilles jaunes (eau, froid, carence) non

Le cuivre est un produit utilisable en agriculture biologique, mais il s’accumule dans le sol et il est toxique pour la vie aquatique. La réglementation européenne limite son usage à 28 kg de cuivre par hectare sur 7 ans, soit 4 kg/ha/an en moyenne (règlement d’exécution UE 2018/1981, en vigueur depuis février 2019). Sur un laurier rose, cela veut dire : traiter seulement quand c’est utile. Notre page sur les dangers de la bouillie bordelaise pour la nature détaille ces effets.

Quand et comment traiter le laurier rose à la bouillie bordelaise

Les bons moments

La bouillie bordelaise est un traitement préventif. Elle se place avant les périodes humides, qui favorisent les champignons :

  • au printemps, au départ de la végétation, avant les premières pluies longues ;
  • à l’automne, si les taches sont revenues chaque année ;
  • après une taille importante ou un épisode de grêle, si votre étiquette couvre l’usage, pour protéger le feuillage blessé.

Évitez la pleine floraison. L’ANSES le rappelle dans sa décision pour la Bouillie Bordelaise 20 Micro Jardin : sur les cultures ornementales, un traitement pendant la floraison peut brûler les fleurs. Or le laurier rose fleurit longtemps, souvent tout l’été. Visez le début du printemps ou l’automne, quand les fleurs sont rares.

Pour le calendrier général, voyez notre guide quand mettre de la bouillie bordelaise.

La dose

Pour les arbres et arbustes d’ornement, les trois décisions ANSES de juillet 2025 citées plus haut fixent la même dose : 0,5 g de produit par m², soit 5 g pour 10 m², avec 3 applications par an au maximum et 7 jours au moins entre deux passages. Ces chiffres valent pour ces produits précis (bouillies à 20 % de cuivre).

Les autres marques ont leurs propres indications. Respectez toujours la dose indiquée sur l’étiquette de votre produit. Notre page quel dosage de bouillie bordelaise faire rassemble les doses par plante et par volume d’eau.

La méthode

  1. Choisissez une journée sèche, sans vent, sans pluie annoncée dans les heures qui suivent.
  2. Traitez le matin ou en fin de journée, jamais en plein soleil.
  3. Portez gants, lunettes et manches longues : vous manipulez du cuivre et un arbuste toxique.
  4. Préparez la quantité juste nécessaire et mélangez bien.
  5. Pulvérisez finement le dessus et le dessous des feuilles, ainsi que les tiges, jusqu’à ce qu’elles soient mouillées, sans ruisseler.
  6. Rincez le pulvérisateur et ne jetez jamais le reste à l’évier.

Tous les détails pratiques sont dans notre mode d’emploi de la bouillie bordelaise.

Le produit et le matériel

Pour un laurier en pleine terre ou une haie de lauriers roses, une bouillie bordelaise en poudre est la plus économique. La Bouillie bordelaise Solabiol 800 g se dose facilement et se dilue dans l’eau. Vérifiez sur le paquet que les arbustes d’ornement figurent parmi les usages.

Pour un ou deux lauriers en pot, la préparation d’une bouillie est souvent disproportionnée. La Solution bordelaise liquide Fertiligène 800 ml est prête à l’emploi, en pulvérisateur : pas de pesée, pas de reste à éliminer. Elle convient aux petites surfaces. Là encore, contrôlez l’étiquette avant usage.

Pour un laurier de taille adulte, un pulvérisateur à pression de quelques litres est plus confortable. Le pulvérisateur Gloria Prima 5 (5 litres) permet de traiter une haie sans remplir dix fois le réservoir. Notre comparatif des pulvérisateurs pour bouillie bordelaise vous aide à choisir.

Laurier rose en pot ou en pleine terre : ce qui change

Le laurier en pot

En pot, le laurier dépend entièrement de vous. Les problèmes viennent surtout de l’arrosage et de l’hivernage.

  • L’eau : terreau drainant, trou au fond du pot, soucoupe vidée. C’est la meilleure prévention des feuilles jaunes.
  • L’hivernage : un local hors gel, lumineux et aéré. Un garage sombre et humide favorise à la fois la chute des feuilles, les cochenilles et les taches foliaires.
  • Les cochenilles : inspectez les tiges et le revers des feuilles avant de rentrer le pot à l’automne, et à la sortie au printemps. C’est le moment de les éliminer.
  • Le traitement : sortez toujours le pot dehors pour pulvériser. Ne traitez jamais dans une véranda ou dans la maison, et laissez sécher avant de le rentrer.

Le laurier en pleine terre

En pleine terre, dans les régions douces, le laurier est plus autonome. Les risques sont autres :

  • Le gel : après un hiver rigoureux, attendez le printemps et le départ de la végétation pour juger les dégâts. Rabattez alors le bois mort jusqu’au bois vert. Les crevasses de gel sont des portes d’entrée pour la bactérie du chancre.
  • La grêle : après un orage de grêle, coupez les rameaux cassés par temps sec, avec un outil désinfecté.
  • La densité : une haie trop serrée garde l’humidité. Éclaircissez l’intérieur pour faire circuler l’air.
  • Les autres arbustes : si vous avez des oliviers à proximité, voyez notre guide sur l’œil de paon et les maladies de l’olivier, qui partage avec le laurier rose une bactérie de la même espèce.

La prévention : la meilleure protection

La plupart des maladies du laurier rose s’évitent par de bonnes habitudes :

  • Plein soleil. Le laurier rose aime la lumière. À l’ombre, il fleurit peu et ses feuilles sèchent mal.
  • Arrosage au pied. Ne mouillez pas le feuillage : c’est ainsi que voyagent les bactéries et les spores.
  • Taille par temps sec, avec des outils propres et désinfectés entre chaque arbuste.
  • Engrais sans excès. Une plante trop poussée en azote produit des tissus tendres, plus sensibles aux insectes.
  • Surveillance régulière du revers des feuilles et des jeunes pousses, pour repérer pucerons et cochenilles avant la fumagine.

Si vous préférez limiter le cuivre, notre page sur les alternatives à la bouillie bordelaise présente le purin de prêle et les autres solutions préventives. Vous soignez aussi un camélia ? Ses problèmes, très proches, sont traités dans notre guide des maladies du camélia.

Le laurier rose est toxique : quelques précautions

Toutes les parties du laurier rose sont toxiques en cas d’ingestion : feuilles, fleurs, tiges, graines. L’ANSES le classe parmi les 19 plantes toxiques par ingestion recensées dans sa liste des plantes vendues dans le commerce. Depuis le 1er juillet 2021, les vendeurs de plantes doivent d’ailleurs informer les acheteurs de cette toxicité.

Ce n’est pas une raison pour s’en priver : les lauriers roses fleurissent sans problème dans les jardins. Il suffit de quelques réflexes :

  • portez des gants pour tailler, couper les galles ou nettoyer la fumagine. La sève est laiteuse et peut irriter la peau des personnes sensibles ;
  • lavez-vous les mains après toute intervention, même avec des gants ;
  • ne laissez pas les déchets de taille à portée des enfants ou des animaux, et ne les donnez jamais à manger aux animaux ;
  • ne portez pas les mains à la bouche ni aux yeux pendant le travail.

En cas d’ingestion, appelez sans attendre un centre antipoison ou le 15.

Que faire si…

Votre laurier perd ses feuilles après l’hiver ? Grattez l’écorce : si elle est verte dessous, le laurier repartira. Attendez les nouvelles pousses avant de tailler.

Les taches reviennent chaque printemps ? Ramassez les feuilles tombées, aérez l’arbuste et placez un traitement préventif avant les pluies de printemps, dans la limite de 3 passages par an sur les produits cités.

Vous découvrez des galles sur plusieurs tiges ? Coupez-les par temps sec, avec un outil désinfecté entre chaque coupe. Si l’arbuste en est couvert, une taille sévère vaut mieux que des traitements répétés.

Le feuillage est noir et collant ? C’est de la fumagine. Cherchez les insectes, éliminez-les, puis lavez les feuilles. La bouillie bordelaise ne servirait à rien.

Questions fréquentes sur les maladies du laurier rose

Peut-on mettre de la bouillie bordelaise sur un laurier rose ?

Oui, contre les taches foliaires dues aux champignons, si l’étiquette de votre produit prévoit l’usage sur arbres et arbustes d’ornement. C’est un traitement préventif, à faire hors floraison. Elle ne sert à rien contre les insectes ni contre les feuilles jaunes.

Quelle dose de bouillie bordelaise pour un laurier rose ?

Sur les bouillies bordelaises jardin autorisées par l’ANSES en 2025, la dose sur arbustes d’ornement est de 5 g pour 10 m², 3 fois par an au maximum. D’autres produits peuvent indiquer une dose différente : respectez toujours l’étiquette. Le détail est sur notre page dosage.

Pourquoi mon laurier rose a-t-il des feuilles jaunes ?

Le plus souvent à cause d’un excès d’eau en pot, d’un coup de froid ou d’une carence. Quelques vieilles feuilles qui jaunissent en bas des tiges, c’est normal. Si les jeunes feuilles jaunissent entre les nervures, apportez un engrais.

Comment soigner un laurier rose qui a des taches noires ?

Faites d’abord le test du doigt. Si le noir s’enlève, c’est de la fumagine : traitez les insectes. S’il ne part pas, c’est une tache foliaire fongique : retirez les feuilles atteintes et protégez les autres en prévention.

Qu’est-ce que le chancre bactérien du laurier rose ?

C’est une maladie due à la bactérie Pseudomonas savastanoi pv. nerii. Elle forme des excroissances sur les tiges et des galles sur les boutons et les feuilles. On la contrôle en coupant les parties atteintes par temps sec et en désinfectant les outils.

La bouillie bordelaise tue-t-elle les cochenilles ?

Non. Le cuivre est un fongicide, il n’a aucun effet sur les insectes. Contre les cochenilles, utilisez la brosse, le coton imbibé d’alcool ou un insecticide de biocontrôle autorisé sur plantes d’ornement.

Quand tailler un laurier rose malade ?

Par temps sec, de préférence à la fin de l’hiver ou au début du printemps pour les dégâts de gel, et dès que vous les voyez pour les galles, à condition qu’il fasse sec. Désinfectez les lames entre chaque coupe.

Le chancre du laurier rose peut-il passer à l’olivier ?

Les deux maladies sont dues à la même espèce de bactérie, mais à des formes (pathovars) différentes, chacune adaptée à son hôte. Par prudence, n’utilisez pas le même sécateur sans le désinfecter, et évacuez les déchets loin des deux arbustes.

Faut-il traiter un laurier rose en pot de la même façon ?

Oui pour la dose et le produit, mais sortez toujours le pot pour le traiter et laissez-le sécher dehors. En pot, la plupart des problèmes viennent de l’arrosage et de l’hivernage : corrigez-les avant de traiter.

Le laurier rose est-il dangereux à manipuler ?

Il est toxique en cas d’ingestion, et sa sève peut irriter la peau sensible. Avec des gants et un lavage de mains après le travail, il se manipule sans risque. Gardez les déchets de taille hors de portée des enfants et des animaux.

Sources : – OEPP (Organisation européenne et méditerranéenne pour la protection des plantes), fiche Pseudomonas savastanoi pv. nerii (PSDMSN) : https://gd.eppo.int/taxon/PSDMSN – UC IPM (université de Californie), « Olive knot and oleander gall or knot » : https://ipm.ucanr.edu/home-and-landscape/olive-knot-and-oleander-gall-or-knot/ ; liste des problèmes du laurier rose : https://ipm.ucanr.edu/PMG/GARDEN/PLANTS/oleander.html – ANSES, décisions d’autorisation du 15 juillet 2025 : Bouillie Bordelaise 20 Micro Jardin (AMM n° 2250161) https://www.anses.fr/system/files/phyto/decisions/BOUILLIEBO_PMOI_2020-3144_D.pdf ; Bouillie Bordelaise MACC 80 Jardins (AMM n° 9500302) https://www.anses.fr/system/files/phyto/decisions/BOUILLIEBO_PMEM_2020-1347_D.pdf ; Bouillie Bordelaise NC 20 K Jardin (AMM n° 2189993) https://www.anses.fr/system/files/phyto/decisions/BOUILLIEBO_PMEM_2020-1680_D.pdf – ANSES, « Les plantes toxiques vendues dans le commerce » : https://www.anses.fr/fr/content/les-plantes-toxiques-vendues-dans-le-commerce-0 – AFIDOL / Centre technique de l’olivier, fiches « Bactériose de l’olivier » et « Fumagine » : https://afidol.org/wp-content/uploads/2019/12/Fiche_technique_france_olive_bacteriose_olivier.pdf ; https://afidol.org/wp-content/uploads/2015/11/FTFumagine.pdf – DRAAF PACA, Bulletin de santé du végétal ZNA n° 4 du 19 juin 2020 : https://draaf.paca.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/BSV_ZNA-PO_20200619_N4_cle06a18c.pdf – Règlement d’exécution (UE) 2018/1981 (cuivre, 28 kg/ha sur 7 ans)

Écrit par :

Michel

Michel est botaniste, installé à Agen (Lot-et-Garonne), et passionné par les plantes et leur santé au jardin. Il rédige les guides du site avec une règle simple : bien identifier la plante et la maladie avant de parler de traitement.

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